De Bruxelles à Sète en tuk-tuk

1024 683 Amal

En pleine préparation de notre périple à travers le continent africain, nous n’avions pas prévu de faire la traversée de la France cet été, et encore moins en Tuk-tuk. Mais quand l’occasion s’est présentée, il était hors de question de la rater.

Que connaissions-nous du Tuk-tuk ? Pas grand-chose hormis qu’il fait office de taxi bon marché dans quelques pays asiatiques.

Comment le conduire ? A quelle vitesse roule-t-il ? Combien de personnes peut-il embarquer ? Toutes ces questions nous ont bien évidemment traversé l’esprit, mais sans plus. Nous attendions de vivre l’expérience pour tout découvrir.
Première découverte : les thaïlandais, à l’origine de cette invention, ont tout simplement baptisé ce tricycle « Tuk-tuk », en faisant référence au bruit de son moteur effectivement fort et imposant mais qui, au bout de quelques minutes de route s’oublie et se fond dans le reste du décor.

Une courte séance d’initiation suffit pour qu’Amal, la conductrice attitrée, prenne l’engin en main et quelques kilomètres lui permettent de bien assimiler le mécanisme. Moi, n’ayant pas de permis de conduire, je me contente du rôle du copilote et du confort de la banquette arrière et je l’observe. La conduite semble amusante, la main droite sur la poignée d’accélérateur, la main gauche sur celle qui sert à la fois d’embrayage et de boite à vitesse et le pied droit sur la pédale de frein. Gare cependant à la prise de confiance trop hâtive !
Le moteur est un 4-temps et la vitesse n’excède pas les 65km/h (70km/h en descente). Une véritable invitation à ralentir son rythme de voyage « motorisé » et à privilégier les rencontres authentiques et la sublimité des paysages en dehors des sentiers battus.
Un idéal pour les adeptes du slow travel que nous sommes.
De Bruxelles à Sète, ce sont exactement 1782,3 kilomètres parcourus en 9 jours. Nous roulons en moyenne environ 200 km quotidiennement, tranquillement, arpentant ainsi les routes départementales dans la majeure partie du temps. Certes, nous nous dirigeons vers le sud mais notre itinéraire déambule au gré des étapes, pour la plupart, préalablement définies : Bruxelles, Amiens, Paris, Orléans, Auxerre, Dijon, Lyon, Valence, Montpellier et en fin Sète.

Ces petites routes, très peu fréquentées, nous mènent à la découverte de fleuves et étangs, de champs coiffés d’éoliennes, des senteurs fermières de la campagne, du mistral frais et sols humides des pinèdes, de l’effluve de la lavande en Drôme provençale et en fin de l’air salé de la mer Méditerranée. Monuments et cités médiévales, ici et là, font également partie de la balade et nous renseignent sur la richesse du patrimoine culturel et historique d’abord belge et ensuite français. Sur notre chemin, nombreux sont les petits villages agréablement entretenus et soignés qui nous charment avec les couleurs harmonieuses des maisons et volets.

L’originalité et l’ouverture du Tuk-tuk génèrent un sentiment de proximité qui ne laisse personne indifférent. Et quel plaisir de susciter la curiosité et la sympathie des gens ! Des pouces levés et des coups de klaxon d’encouragement aux passants qui nous interpellent, l’interactivité est assurée. Elle l’est tout autant grâce à cette communauté Facebook qui, au-delà du monde virtuel, témoigne de sa cordialité et de son hospitalité. Plusieurs sont venus à notre rencontre lors des différentes étapes de cette aventure. D’autres nous ont ouvert la porte de chez eux comme Sarah et Isolde à Bruxelles, Fadwa à Paris, Amina et Mustapha à Chablis et Paul à Lyon. Une immersion dans le quotidien de l’habitant à laquelle nous tenons tant.

Neuf jours d’escapade vers une France profonde et plurielle. Neuf jours remplis de mémorables souvenirs dont nous retiendrons qu’il n’est pas évident de trouver une station d’essence ouverte un dimanche, qu’il n’est pas si désagréable que ça de conduire un Tuk-tuk sous la pluie et qu’on peut tomber en panne en plein Ardèche mais rester de bonne humeur. Aussi, nous nous rappellerons d’avoir passé, pour la première fois, une nuit dans une péniche amarrée au port du Canal de Dijon et d’avoir eu l’occasion de danser sur le pont d’Avignon.

Riche et enrichissante fut donc cette expérience que nous avons eu le grand plaisir de partager avec deux voyageurs hors pair. Notre chère amie Houda Chaloun alias The Moroccan Nomad, dont l’âme vagabonde s’est affirmée lors de son périple à travers l’Amérique latine. Et, l’inspirant Julien Grenet, qui sillonne le monde depuis une dizaine d’années, et raconte ses aventures sur www.jaimelemonde.fr.

Ce voyage n’aurait pu voir le jour sans Laurent Pollier, qui très récemment, s’est lancé dans le projet d’implanter le concept des voyages en Tuk-tuk en France, en collaboration avec l’agence italienne The GIRA. Ce trajet en particulier a été organisé en partenariat avec GNV, entreprise de transport maritime effectuant les liaisons des deux côtés de la méditerranée notamment entre Sète et Tanger. Et c’est justement sur l’un de leurs bateaux que s’est achevée cette belle épopée.

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