Le biomimétisme

960 633 Amal

C’est de l’ordre de l’évidence. La nature est l’une des plus grandes, sinon, LA plus grande source d’inspiration d’où l’Homme a puisé, puise et puisera connaissances et idées pour créer, innover et trouver des solutions à des problèmes aussi bien simples que complexes. Au cours de milliards d’années d’évolution, le monde du vivant a développé tout un catalogue de performances ingénieuses. Un champ d’intelligence infini au potentiel immense et indéniable, qui nous ouvre des horizons de possibilités. Sous nos yeux et à notre disposition, ce monde est là pour nous conseiller.

Pourtant, une science en temps que telle qui se base sur ce constat et reconnait cette faculté n’est apparue que très récemment, la bionique. A son origine, le concept de biomimétisme qui signifie imitation de la vie et désigne un processus d’innovation et d’ingénierie consistant à observer les inventions de la nature et à copier les modèles vivants. Théorisé en 1998 par la scientifique américaine Janine Benyus, le biomimétisme entend réconcilier progrès et respect de l’environnement. Car plus qu’une simple imitation, le biomimétisme se soumet à une exigence de soutenabilité. Mère nature est bien l’ingénieur qui crée des multitudes de cycles de productions exemplaires en termes d’optimisation des ressources, sans consommer d’énergies fossiles, ni produire de déchets.

Pour relever les défis de l’industrie moderne, la bionique interroge la nature et cherche à comprendre son ingéniosité et les solutions qu’elle a mises au point, à décrypter ses principes puis à les transposer dans des applications techniques. Sur des échelles allant de l’infiniment petit jusqu’aux écosystèmes, trois niveaux d’observation se distinguent : les formes, les procédés et les organisations. Un exemple phare et historique est celui des frères Wright qui se sont inspirés des pigeons en vol pour inventer le premier aéronef. De la même façon, aujourd’hui la bionique va s’inspirer de la poule pour obtenir des caméras stabilisées, des termitières pour construire des bâtiments bien ventilés, de la microstructure de la plante du lotus pour ses propriétés autonettoyantes qui peuvent nous débarrasser des détergents chimiques ou encore de la peau du gekko pour inventer des bandes adhésives sans solvant. Et les exemples ne se comptent plus, tous aussi impressionnants les uns que les autres.

Le biomimétisme et la bionique annonce donc une nouvelle ère, celle d’une industrie verte cherchant à nous apprendre, comme d’autres êtres vivants avant nous, à nous réintégrer aux cycles de la matière et aux flux d’énergie sans laisser derrière nous de dégâts. Plus qu’une méthode, c’est une philosophie de vie qui part du principe que la perfection de la nature est là pour nous dire qu’il existe une autre façon d’envisager la vie. Elle nous invite à reconsidérer notre lien à la terre. La nature inspire le scientifique comme elle peut inspirer chacun d’entre nous. Il suffit de prendre conscience qu’elle communique avec nous et que nous sommes en mesure de la comprendre. A ce titre, Thoreau la décrivait comme «l’envers de ce qui est au-dedans de nous» et c’est juste une belle façon de dire que : NOUS SOMMES NATURE.

Laisser une réponse

Votre adresse courriel ne sera pas poubliée